Les grands musiciens de passage a Naples

Tout savoir sur la musique napolitaine.

Au 18ème siècle, l’Italie attira de nombreux musiciens étrangers.
Ce n’était pas seulement une terre privilégiée, un pays plus musical que les autres, c’était la musique elle même.
Le plus célèbre parmi les musiciens fut
MOZART, âgé de 15 ans, il passa 6 semaines à Naples en 1769. Il était accompagné de son père Léopold qui, dans une lettre à sa fille Nannerl, trouve « bien chères les excursions autour de la ville ».

Wolfgang Amedeo Mozart, s’intéressera surtout au Naples musical. Les Mozart étaient les hôtes de Hamilton qui possédait la villa Angélica au pied du Vésuve. Ce séjour fut pour l’imagination du jeune musicien, un temps de repos et de trêve. « Cette ville », écrit-il à sa sœur Nannerl, « est un paradis pour les paresseux, on y dort toute la journée » Il passait ses soirées au « Teatro nuovo » ou au théâtre San Carlo (images San Carlo teatro nuovo)
Il se fit entendre dans les cercles particuliers et donna même une Académie Publique au Conservatoire de la pietà dei Turchini’.Le concert fut marqué par un incident comique où l’on retrouve l’esprit superstitieux des Naples, patrie de la «
IETTATURA» (mauvais œil) Lire le roman de Théophile Gautier du même titre)

On s’émerveillait du talent de Clarinettiste de Mozart, surtout de l’habileté de sa main gauche, lorsqu’un spectateur s’avisa que Mozart portait un anneau à l’annuaire de cette main. Il fallut que Mozart ôte cette bague pour lui prouver que ce n’était pas un talisman lui permettant sa dextérité. Dans sa correspondance avec sa Sœur, on a nettement l’impression que la beauté des paysages ne l’a pas frappé. Une seule chose cependant l’a impressionné, ce sont les vestiges des champs Phlégréens à Pouzzoles et la Solfatare.

Presque vingt ans plus tard, en 1787, Mozart composait Don Giovanni. C’est SPONTINI, né à Ancône (Italie) en 1774 et élève au Conservatoire de la pietà dei turquini, qui, en 10811, faisait jouer cette œuvre à Paris pour la première fois. Gaspare SPONTINI est surtout connu pour son opéra LA VESTALE Il restera 1 an à Palerme. Il était maitre de chapelle à la cour desBourbons lorsque, en 1798, elle fut chassée de Naples par l’avènement de la République Parthénopéenne (avec l’aide du Général Championnet). SPONTONI vécu beaucoup à Paris à partir de 1803 mais il retourna mourir à Majolati son pays natal en janvier 1851.

Une chanson Napolitaine du 19ème S. «Te Voglio bene assaye» (je t’aime beaucoup) a été composé ; dit’on, par Gaetano DONIZETTI. Né à Bergame en 1797, Il s’établit à Naples en 1827 et devint professeur au «Real Collegio di musica» Il fit représenter en moyenne 3 opéras par En 1838, il quitte Naples pour Paris. Ses œuvres les plus connues sont « l’élixir d’amour », «Lucie de Lammermoor» et «La favorite», créé en 1840 à l’opéra de Paris. La célèbre Carlotta Grisi dansa le pas de deux de « La Favorite ».

Donizetti mourut à l’hôpital psychiatrique en 1846 à Ivry.

Toute l’histoire d la musique Italienne du 19ème siècle se joue à peu près entièrement autour de l’opéra. Depuis 1776 un nouveau théâtre va concurrencer l’influence de la supériorité du San Carlo. C’est « LA SCALA » de Milan. Naples conserve cependant le privilège de ville musicale par excellence. Le Plus célèbre impressario des théâtres Napolitains fut DOMENICO BARBAJA (1.) il invita en 1815 le jeune GIACCOMO ROSSINI à la direction du théâtre San Carlo afin d’y écrire 2 opéras par an. Il y resta de 1815 et 1824. Entre temps, il écrira un de ses plus célèbres opéras, Le Barbier de Séville.  Giacomo Rossini est né à Pesaro le 29 février 1792. Il étudie la musique.ue à Bologne mais c’est à Venise qu’il triomphe en 1812 avec « La Scala di Seta » (l’échelle en soie). C’est à Naples qu’il rencontre la célèbre chanteuseIsabel COLBRAN, amante de Barbaja. Elle s’enfuira avec lui pour l’épouser le 12 mars 1822.

Un an avant, Rossini se lie à Naples avec Ferdinand Hérold, Musicien Français, compositeur de l’opéra « Le pré aux Clercs ».Hérold avait séjourné à Naples du temps du roi MURAT. Il y avait enseigné la musique aux enfants royaux et ses souvenirs sont remplis des paysages Napolitains. ROSSINI quitta Naples en 1823. Il vint vivre à Paris ou il mourra en Novembre 1868. En Souvenir de Naples et de ses environs, il composa « La Danza » inspiré de la tarentelle Sorrentine. On l’enterra au Père Lachaise mais en 1897, ses cendres furent transférées à Florence dans la Basilique de Sainte Croix.

Au début du 19ème siècle, les conservatoires Napolitains conservent leur bonne renommée.
Vincenzo BELLINI, né à Catane, e, Sicile, en 1801 y étudie sous la direction de ZINGARELLI. né lui aussi à Naples en Avril 1752. Bellini est parmi les plus grands compositeurs d’Opéra du 19ème siècle. Dés son plus jeune âge, il montre une aptitude particulière pour la musique. Il se fait connaître comme compositeur de musique sacrée et organiste à Catane. C’est surtout à la Scala de Milan avec ‘NORMA »  et « la Somnambule »qu’il devint célèbre. BELLINI s’établit en France où il était protégé par ROSSINI et se lia avec CHOPIN. Il mourru à Puteaux en 1835.

Si les musiciens Italiens viennent à PARIS pour y chercher la consécration, les musiciens étrangers aiment toujours se rendre en Italie, terre musicale, et en particulier à NAPLES, ville qui brille toujours dans le monde musical. C’est ainsi qu’n 1831 un jeune compositeur allemand de 20 ans, prépare un voyage de rêve pour tous musiciens: l’Italie. Né à Hambourg en 1809, FELIXMENDELSSOHN, Fils d’un riche banquier de la ville, est déjà célèbre pour ses compositions tel que: Le songe d’une nuit d’été en 1827, les Hébrides ou la grotte de Fingal en 1830. Durant son séjour en Italie, il correspond beaucoup avec sa sœur Fanny et ses parents. C’est grâce à ces lettres que nous connaissons ses impressions, en particulier, à propos de Naples:

Naples 20 avril 1831 à sa sœur Fanny: « Il m’est impossible de vous décrire ce pays-ci. Je jouis de la vue de la mer et des côtes de Sorrente.Chère Fanny, je suis de l’avis que tu exprimais déjà il y a bien des années quand tu disais que l’ile de NISIDAétait l’endroit qui te plaisait le plus …….. On est presque effrayé en la voyant sortir de la mer, si grande, si verdoyante, si rapprochée, tandis que les autres iles: PROCIDA, ISCHIA, CAPRI, se laissent à peine deviner. Les seules connaissances que je fais ici sont des connaissances musicales, DONIZETTI par exemple. »

Le 28 mai, Felix Mandelssohn visite Pouzzoles et la solfatare Les cratères sont éteints. A Capri, il trouve que monter et descendre en pleine chaleur les 537 marches qui conduisent à Anacapri, « c’est un travail de cheval ». La grotte bleu l’enchante.. Il quitte Naples début juin affirmant que l’air de ce pays là, ne vous permet pas la réflexion.LA SYMPHONIE ITALIENNE fut créée à Londres le 13 mai 1833. Mandelssohn est mort à Leipzig en 1847. C’est l’un des plus grand compositeurs romantiques inspiré par la musique italienne.

Sigismond TALBERG, célèbre pianiste compositeur, né à Genève en 1812, vint finir ses jours à Naples, dans le quartier du PAUSILIPPE, en 1871. Virtuose de la chapelle impériale à Vienne, en 1834 il rivalisa avec Liszt à Paris.
Un jour qu’il jouait une sonate de Mozart, Berlioz dit à Legouvé qui se trouvait là:  » Ah, si Mozart était là, il entendrait son admirable Andante tel qu’il se le  chantait à lui même » l’arrivée de Thalberg à Paris fut une révélation. Chopin ne l’aimait pas, « Thalberg  joue excellemment, disait-il, mais ce n’est pas mon homme ».
Madame de Girardin prétendait que « Thalberg est un roi, Liszt un prophète et Chopin un poète ».
Le plus célèbre compositeur italien du 18ème siècle est sans conteste Giuseppe VERDI. Il séjourna à Naples et composa pour le théâtre SAN CARLO. Il était né dans un petit village de la plaine du pô, aux Roncole, en 1813. Son père tenait l’épicerie taverne du village. Par un curieux hasard des guerres napoléoniennes, Verdi est né dans le département du Taxo, administré par un préfet français. Son acte de naissance est rédigé en notre langue.
Verdi est le précurseur des grands changements dans l’opéra. Il y fait entrer la violence. Il a déjà acquis de grands succès avec NABUCCO entre autre, lorsque en 1848 il est présenté par le directeur du San Carlo, Cammarano, pour composer un opéra. Ce sera LUISA MILLER, d’après un drame de SCHILLER.

Verdi séjourne à Naples avec son beau-père BAREZI et visite avec la région. L’opéra Luisa Miller est joué l’hiver 1849 mais n’obtient pas le succès escompté.
Nous retrouvons Verdi à Naples en octobre 1857, il est en pourparlers pour un nouvel opéra: Gustave Roi de Suède. Entre temps, il avais composé « La Traviata ».
Gustave III ne verra pas le jour, Au San Carlo, le roi de Naples, FERDINAND II de Bourbon, qui avait été attaqué à la baïonnette l’année précédente, est sur ses gardes, et l’attentat à la bombe, commis en France par Orsini contre Napoléon III, l’invite à censurer un opéra qui raconte l’assassinat d’un monarque.Les napolitains, avertis de cette défection, prennent partie pour le compositeur et manifestent contre le gouvernement.Gustave III sera donné à Rome en 1850, et s’appellera « UN BALLO IN MASCHERA » (un bal masqué) avec un livret entièrement transformé.
Il en sera fini des bons rapports de Verdi avec le théâtre San Carlo. Il ne pouvait tolérer qu’un employé du gouvernement « tripatouille » son livret.
verdi, a partir de 1859 militera pour l’unité de l’Italie, la même année, il épousera Giuséppina STREPPONI, qui vivait avec lui depuis longtemps dans sa villa de Sant Agata, bâtie à Bussetto, en province de Parme.
L’œuvre du musicien est immense, on connait moins son coté philanthrope. Il réorganisa l’enseignement de la musique, en 1871 à Naples, fut crée le premier conservatoire national. Il fit batir à ses frais à Milan, une maison de retraite pour les vieux musiciens.

La mort de Giuseppina, en Novembre 1897 dans leur villa de Sant’Agatha, affecta beaucoup Verdi. C’est à Milan, alors qu’il allait signer l’acte de fondation de la « Casa di Riposo » (maison de retraite) que la mort le surprend a l’hôtel, le 27 janvier 1901. Il repose dans la crypte de la « casa di riposo » de Milan. On l’y conduisit au son de « VA PENSIERO » du Nabucco, chanté par 900 choristes,  accompagnés par les musiciens de la Scala, sous la direction de TOSCANINI.

Le grand rival de Verdi, en cette moitié du 19ème siècle, est Richard WAGNER.
L’école allemande va supplanter l’école italienne dans la musique d’opéra. C’est une vrai révolution.

Né à Liepzig le 22 mai 1813 la même année que Verdi, Wagner verra enfin sa musique triumpher grace à l’intervention quasi miraculeuse du jeune roi de Bavière, Louis II. Après ses psérégrinations à travers l’Allemagne, puis en Suisse, à Triesbsen. Wagner se retrouve à Venise. Entre temps, il avait épousé Cosima Von Bulow, la fille de Litszt. De Venise, il cherche un coin tranquille pour se reposer et composer. Il échange une correspondance suivie avec le jeune Roi Louis II de Bavière, ce qui nous vaut de connaitre ses impressions sur l’Italie du Sud.

Le 26 Aout  1876 il écrit:

« NAPLES nous plût extraordinairement, C’est la plus belle ville, et la plus incomparable du monde. ….. Après un séjour de 6 jours, nous avons poussé jusqu’à SORRENTE, ville de la naissance et de la mort du TASSE. Nous sommes à l’hôtel VITTORIA, sur un falaise abrupte, au dessus de la mer. Naples et le Vésuve sont en face, et proche de nous.  »

En1877, Wagner travaille à la composition de ce qui sera son dernier opéra: PARSIFAL..Sa santé commence à se dégrader sérieusement. Il passe l’hiver 1881 En Italie. Il écrit de Naples à son Royal corespondant: « Auprès des mers ou s’étendent d’étroites prairies, vignes, oliviers, orangers, citronniers, s’entremêlent dans une sporadique et sauvage nature, à des lauriers, des myrtes, des cyprès etdes pins. » De Naples, il part avec Cosima à Palerme.
 » A Palerme, on compte une moyenne annuelle de 13 journées sans soleil … et c’est ce soleil qui fait croitre là, tout ce qui est beau avec tant de grandeur. »

En aôut, il est toujours à Palerme. De retour dans le golfe de Salerne, Au cours de ses visites, sur la côte Amalfitaine, au delà de Sorrente, c’est à Ravello, paysage d’une tranquillité incomparable qu’il s’écrit en voyant les jardin exotiques de la Villa RUFOLO: « Le jardin de Klingsor est trouvé! »Klingsor le magicien de son Parsifal qu’il composa lentement, étant toujours souffrant. Il voyage entre Beyrouth et l’Italie, dirigeant la mise en scène de son opéra au Festspiel. Il assiste à la création de Parsifal le 26 juillet 1882, dans un état d’extrême fatigue. Il mourra d’une crise cardiaque quelques mois plus tard, le 13 février 1883, à Venise dans le palais Vendramin.

En 1831, Hector BERLIOZ, obtient le 1er prix de Rome et séjourne à la Villa Médicis. A quelles mois près, il aurait pu rencontrer Mendelssohn. Né à La côte St André dans l’Isère, le 11 novembre 1803, Ce musicien français, fils de médecin, s’est battu toute sa vie pour faire admettre sa musique.
Il avait donné au conservatoire de Paris, l’audition de sa symphonie Fantastique plus ou moins appréciée. Durant son séjour romain, il profite de visiter le sud de l’Italie. Dans sa correspondance à sa famille, il écrit de Naples:
« Je suis frappé par la beauté des paysages et des filles des îles avec leur corset vert galonné de cuivre doré. »
A Pouzzole, comme Mozart et Mendelssohn, il va voir la Solfatare:
« On marche sur des croûtes brulantes, il règne une odeur sulfureuse si forte qu’on peut à peine respirer. »
Berlioz se rend à Nisida « petite île charmante, couverte d’arbres fruitiers, d’oliviers, d’orangers, En la voyant de loin », dit_il,« Je pensais à ma mélodie Irlandaise. »
En quittant Naples, fin octobre, Berlioz va excursionner dans les Abbruzes. C’est en souvenir de ces voyages qu’il composa plus tard, en 1834, la Symphonie Harold en Italie où l’on retrouve la toute passion et la clarté méditerranéenne. Après une vie mouvementée, Berlioz est mort à Nice le 8 mars 1869. Il est inhumé au cimetière Montmartre.

A propos des Grand chanteurs Italiens, après Caruso Né à Naples,  plus près de nous, un  grand chanteur italien, MARIO DEL MONACO, né à Florence e, 1915, avait choisi Sorrente comme seconde patrie. Il donna plusieurs concerts à la salle pleyel à ¨Paris et disait en enregistrant « O SOLE MIO » « c’est pire que de chater l’Otello de Verdi! » Il chantait magnifiquement « Torna Surriento » (retourne à Sorrente) de Curtis.

La liste des musiciens qui ont composé pour célébrer Naples serait longue. Nous n’ajouterons que DEBUSSY qui a composé « les Collines d’Anacapri ».

Rendons un dernier hommage à LAMARTINE qui a immortalisé Naples, Sorrente, les pêcheurs de Mergelina par son roman GRAZIELLA:
« Quand l’horizon du matin était limpide, je voyais briller la maison blanche du Tasse, suspendue comme un nid de cygne au sommet d’une falaise jaune. »
« l’île de Ischia qui sépare le golfe de Gaëte du golfe de Naples, et un étroit canal séparé de l’île de Procida, n’est qu’une seule montagne à pic, dont la cime blanche et foudroyée, plonge des dents ébréchées dans le ciel…. ».

Consultez la Chanson napolitaine, Naples et ses musiciens 1ère et 2ème partie.

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