La chanson napolitaine, Naples et ses musiciens – 2ème Partie

Le mélodrame se transforme en Opéra-bouffe, représentant la vie de Naples, ses rues, ses lieux publics. « La commedia dell’arte » y emprunte son fameux Pulcinella (Polichinelle) typiquement napolitain. L’éclosion de la chanson napolitaine se fait surtout au 19ème siècle. Elle reflète toujours les sentiments du Peuple

(La chanson napolitaine, Naples et ses musiciens: Première partie) (clic ici)

LEONARDO VINCI (Ne pas confondre avec le peintre !) né en Calabre en 1690, est mort à Naples en 1730. Il fut le maitre de chapelle du Prince de Sansevero et de la chapelle royale de Naples. Il est aussi l’un des premiers à s’inspirer des chansons populaires dans un mélodrame, « lo cecato fauzo ». Il a écrit plusieurs chansons populaires dont « sur le sorbier et le Néflier »

Le mélodrame se transforme en Opéra-bouffe, représentant la vie de Naples, ses rues, ses lieux publics. « La commedia dell’arte » y emprunte son fameux Pulcinella (Polichinelle) typiquement napolitain.

 

L’éclosion de la chanson napolitaine se fait surtout au 19ème siècle. Elle reflète toujours les sentiments du Peuple. COTTRAU, un musicien d’origine française, devait composer l’air le plus célèbre, SANTA LUCIA dont voici la traduction originelle :

« Quand brille la pleine lune
Venez venez à Santa Lucia
Le vent est frais pour qui veut s’amuser à la mer
La tente est prète pour le repas
Et quand on est assemblé Il n’y a plus de mélancolie Puis-je approcher ma barquette »
Y a-t’il quelques clients ? »

Chantée dans toutes les langues par tous les plus grands ténors, Santa Lucia restera l’hymne des pécheurs du quartier de Santa Lucia ou le soir, on dansait la Tarantelle.

La Tarantelle est d’auteur inconnu. Cela voudrait dire « Tarantolla », c’est-à-dire une araignée venimeuse de la pouille. Sa piqure donne la danse de Saint Guy qui fait tourner les gens en cercle. (voir mon article sur la TARENTELLA)  L’étymologie dériverait aussi du nom de la ville de Tarente. La traduction de l’une des plus fameuses chansons de Tarentelle est:

Allons voir sur la plage
illuminée par la pleine lune
les pécheurs de Mergellina
qui dansent la tarantelle

Si vous passez par Sorrente, ne ratez pas le spectacle folklorique local de la « Tarantella » Tout d’abord vous y retrouverez toutes les plus fameuses chansons du répertoire napolitain : Funiculi’ funiculà, O sole mio, Torna surrriento etc… puis les danses typiques de cette fameuse tarantella toujours accompagnées bien sûr de musique napolitaine.

Vous y retrouverez l’esprit des napolitains, son histoire, ses joies et ses tragédies, Polichinelle (personnage clef né à Naples) Masaniello et son destin tragique etc, etc.…

Mais que veux dire « tarantella » ? Bien que cette danse soit diffuse dans une grande partie de l’Italie, particulièrement dans le sud, elle est bien née à Naples. La Tarantella est un grosse araignée noire, plusieurs versions: Un des plus plausibles serait la danse que faisaient les paysans pour éviter les morsures de celles-ci durant les récoltes dans les champs. Au moyen âge, en période d’obscurantisme, cette danse nait du peuple afin de remplacer les divinités païennes de la « magna grecia » (grande Grèce) On y fête un dieu qui pardonne et guéri de les piqures infligées au « Tanrantato ».

L’histoire de la Tarantella est un histoire de répression, répression de la culture populaire, paysanne, archaïque, liée aux fables et aux rites de la terre et des astres. Pendant le Concile de Trente (1542), la musique est interdite est vue comme un élément démoniaque. Cependant la Tarentella continue tout de même dans les villages et forets les plus retirés et cachés du peuple, elle guéri ou mène à la tentation. Les musiciens populaires continuent de jouer pendant des heures et des heures avec leurs tambours, les flûtes et la lyre, ses mélodies sensuelles, sur les places des villages, avec ou sans la présence d’un « tarantato ». Au cours des siècles la musique se transforme, le « tarantisme » diminue et fini par disparaitre.

De génération en génération, ces danses collectives ou de couple se transforment. Ont les retrouve sur les places de village, dans les processions. Elles deviennent poétiques et l’amoureux les chante sous la fenêtre. de sa belle. Avec l’arrivée des musiques noires américaine, la tarantella ajoute de nouveaux instruments plus rythmiques, Seulement dans certaines campagnes du sud de l’Italie survie encore la musique moyenâgeuse avec ses danses liées encore à cette croyance originale. Donc, Si vous vous trouvez à Sorrente, Allez voir ce spectacle enchanteur. Vous deviendrez peut être protagonistes et acteur.

((Plus de détail, clic ici))

D’autres chants s’inspirent des métiers comme « lo Tiramo » (tire-molaire, dentiste)Sur les plages, sur le port, il était d’usage de le trouver avec une tenaille pour vous arracher la dent!!!

En 1880,Salvatore di Giacomo s’inspirait des chants populaires des siècles précédents pour créer la chanson d’art telle que »marechiaro » qui raconte l’histoire simple
d’un pécheur amoureux qui allait donner
la sérénade à sa belle: s’il y avait un
géranium à la fenêtre de celle-ci, il
pouvait s’approcher avec sa barque sinon,
il passait au large. Cette chanson illustre
bien la Nénia, chanson mélancolique
napolitaine.

De nombreuses chansons deviendront fameuses
dans le monde entier, Eduardo Di Capua et
Giovanni Capurro composent en 1898 « O SOLE MIO« .

« FUNICULI, FUNICULA » fu composé par Luigi Denza en 1880 pour la fameuse fête de Piedigrotta à Naples afin de promouvoir le très récent funiculaire qui grimpait sur le Vésuve (Ce dernier fut détruit en 1944 lors d’une éruption du volcan). d’autres compositeurs durant cette fin du 19ème siècle créaient des chansons qui font encore le tour du monde. En 1902, les frères De CURTIS composent « TORNA SURRIENTO » qui sera reprise en 1961 par Elvis Presley (surrender)

Le 20ème siècle, hélas, voit le déclin de la chanson napolitaine. L’ère de l’école napolitaine est terminée.

 

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Händel

Naples, depuis l’arrivée de la famille d’Anjou sur le trône, fut la ville musicale par excellence. La beauté du paysage aidant, elle attira de nombreux compositeurs étrangers. Parmi les plus illustres, au 18ème siècle, G. Friedrich HANDEL fit 3 voyages en Italie et séjourna en 1708,un an à Naples. Il y composa son opéra AGRIPPINA et une cantate intitulée PARTHENOPE, en souvenir de la célèbre sirène. Ce qui le frappa le plus, furent les écoles de musique ou l’on enseignait le chant à une certaine catégorie d’élèves: les « CASTRATS » Ces chanteurs avaient subit dés l’enfance, un cruelle mutilation, la castration, afin d’éviter la que la mue ne transforma leur voix à l’âge adulte. Le plus célèbre d’entre eux, FARINELLI, né en 1705 à Andria (province de Bari, alors intégrée au Royaume de Naples) .

Au départ ces enfants chantaient dans les églises, mais peu à peu, ils chantèrent dans les théâtres, les concerts et, lors de l’avènement de l’opéra, ils eurent de grands succès. C’est à eux que nous devons l’art du BEL CANTO.

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D. SCARLATTI

A Naples, Händel fréquenta les SCARLATTI, père et fils qui l’influencèrent beaucoup.Alessandro Scarlatti, est né à Palerme le 2 mai 1660, Élève de Provenzale à Naples, il est bientôt nommé Maitre de chapelle et devient rapidement le musicien de l’aristocratie napolitaine. Il compose pour les fêtes, Il est considéré comme le précurseur de Mozart en utilisant pour la première fois l’ouverture dite « à l’italienne. Il meurt à Naples le 22 octobre 1725. Son fils Domenico, né à Naples le 1er octobre 1685, est resté le plus célèbre. Élève de son père au conservatoire « dei poveri di gésu ». de 1709 à 1714,à Rome, il est au service de la reine Marie-Casimir de Pologne et devient, par son intermédiaire, Maitre de chapelle de l’ambassade du Portugal. c’est ainsi qu’on le retrouve à la cour du Portugal en 1720 et ensuite à Madrid, au service de l’infante Maria Barbara qui avait épousé le Prince des Asturies. Durant 27 ans, il compose pour le clavecin, en particulier pour Maria-Barbara qui était très douée. La plus part de ses sonates lui sont dédiées. Il restera en Espagne jusqu’à sa mort, en juillet 1757.

Il est dans un large mesure, le créateur de la technique moderne du clavier et son influence s’étend jusqu’à Liszt .

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PERGOLESI

omain Rolland disait que dans ses œuvres de musique de chambre, Scarlatti a pu entièrement perfectionner l’orchestre.
En ce 18ème siècle, l’école Napolitaine est appelée à jouer un rôle dans toute l’Europe, après l’école Vénitienne. L’art instrumental est fortement développé.
Les plus illustres maitres ont laissé un témoignage d’un style moderne, tendant vers la musique de chambre et l’orchestre.

C’est donc à Naples qu’est né l’opéra-buffa. Un de ses premiers compositeurs fut GIOVANNI BATISTA PERGOLESI, né prés d’Ancône en 1710. D’origine modeste, il étudia au conservatoire dei Poveri à Naples. On raconte que « Maria Spinelli, la fille du Prince de Cariati, oui, amoureux l’un de l’autre, surpris dans la chapelle du palais. Sommée par ses frères de se choisir un époux noble dans les trois jours, ou de périr par leur épée,… leur répondit au bout de trois jours qu’ayant choisi l’époux le plus noble de tous, Dieu, elle voulait se faire nonne au couvent de Santa Chiara. Un an plus tard elle était morte de chagrin. La cérémonie funèbre eut lieu dans la grande église du monastère. Pergolèse avait écrit la messe. Il la dirigea lui-même, debout devant le catafalque noir. Miné par la douleur il mourut peu après. Il s’est retiré à Pouzzoles, dans une maison qui donnait sur le port. Le murmure de la mer étouffa son dernier soupir. Il avait vingt-six ans. » (extrait de Porporino ou les mystères de Naples de Dominique Fernandez » c’était en 1736.
Pergolèse écrivit aussi des opéras qui sont les ancêtres de l’opéra comique. En 1752, après sa mort, triomphe à Paris sa « serve Patronna » (la servante maitresse), crée e, 1733 au théâtre San Bartolomeo de Naples ou elle eu un énorme succès. A Paris, elle est à l’origine de la fameuse querelle des Bouffons, querelle entre les partisans des opéras français et ceux de l’opéra italien.

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PICCINI

Un autre Italien, Niccolo PICCINI, né à Bari en 1728, est à l’origine d’une autre querelle, celle des Piccinistes et des Gluckistes. Destiné à la prêtrise, Piccinni est envoyé au conservatoire San Onofrio de Naples. En 1776, il se rend à Paris ou Marie-Antoinette est Marmonte le protègent. Mais à Paris, il trouve un rival en la personne de Gluck qui vient de triompher avec son opéra « Armide ». Pour s’attirer le triomphe, les deux compositeurs écrivent une œuvre chacun de leur coté : « Iphigénie Tauride ». C’est l’œuvre de Gluck qui déclenche la nouvelle querelle et devait changer l’orientation de l’opéra. Piccinni meurt à Paris en 1800.

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CIMAROSA

Autre oeuvre du baroque, peu connue, « la finte cameriere » de Gaetano LATILLA, né en 1711 à Bari et mort à Naples en 1788 Il était âgé de vingt-cinq ans lorsqu’il fit représenter à Naples son premier opéra, qui réussit et le fit connaître.

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CARUSO

En 1749, dans une famille pauvre d’Aversa, au Nord de Naples, naissait Domenico CIMAROSA. Il reçu à Santa Maria de Loretta à Naples, une éducation très complète. Il était le grand rival de PAISIELLO, musicien mort à Naples en 1816 et resté célèbre pour son œuvre ‘ »il barbiere di Seviglia», histoire qui sera reprise plus tard par Rossini.
Cimarosa écrit à Venise un opéra « Il matrimonio secreto » (Le mariage secret) qui devait se jouer 110 fois à Naples. En disgrâce lorsque les Bourbons régnèrent à nouveau sur le royaume de Naples, il s’exila en Sicile, à Palerme ou il fut professeur au conservatoire.
Stendal le traité de « délicieux mélodiste ». Cimarosa est mort à Venise en 1801.

Un autre napolitain célèbre, Léon CAVALLO, s’illustra au 19ème par son opéra PAILLASSE. Il est né à Naples en 1857 et mort à Montecatini en 1919.

En 1873, naissait à Naples le plus célèbre chanteur de tous les temps: Enrico CARUSO, Fidèle à sa ville natale, il ne dédaignait pas de chanter les vieilles chansons napolitaines. Pourtant, à ses débuts au San Carlo, il chanta sans succès dans l’Elixir d’Amore de Donizzetti. Il meut à Naples en 1921.

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Ne MANQUEZ PAS DE LIRE: LES GRANDS MUSICIENS DE PASSAGE A NAPLES

 

Photographies

FARINELLI au centre
Leonardo VINCI
Polichinelle
Tamorra
Tarantella
Salvatore di Giacomo
Marechiaro
Mme Josette RANCE née RIZZO
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