Le voyage de Nietzsche a Sorrente

A Sorrente, il rencontre Wagner pour la dernière fois. En octobre 1876 il séjourne dans la petite pension "Rubinacci" donnant sur une plantation d'orangers, avec vue sur la mer , le Vésuve et Capri.

Paolo d’Iorio : Le voyage de Nietzsche à Sorrente (CNRS Editions)

Nouveauté absolue, ce livre à été écrit en 2012 par Paolo d’Iorio chercheur au CNRS.

En voici un résumé:

1876:  Nietzsche  à 32 ans.  Avant son départ pour Sorrente, il avait assisté au festival de Bayreuth et l’avait jugé « déprimant et factice ».

A Sorrente, où il se rend en compagnie du jeune philosophe Paul Rée et d’un de ses étudiants, Albert Brenner, il est invité par une amie Malwida von Meysenbug.

Dans le train de nuit qui le conduit de Genève à Gênes, il fait la rencontre d’une jeune femme, Isabelle von der Pahlen, qui décrira l’impression marquante que fit sur elle le philosophe « qui avait des mondes à donner ». Arrivé à bon port Nietzsche est émerveillé par l’atmosphère magique du Midi. Il écrit dans ses carnets : « Je n’ai pas assez de force pour le Nord : là règnent des âmes balourdes et artificielles qui travaillent aussi assidûment et nécessairement aux mesures de la prudence que le castor à sa construction. Et dire que c’est parmi elles que j’ai passé toute ma jeunesse ! (…) Voilà ce qui m’a saisi lorsque pour la première fois je voyais monter le soir avec son rouge et son gris veloutés dans le ciel de Naples – comme un frisson, comme par pitié de moi-même d’avoir commencé ma vie par être vieux, et des larmes me sont venues et le sentiment d’avoir été sauvé quand même au dernier moment.

J’ai assez d’esprit pour le Sud ». C’est à Sorrente qu’il écrit un livre sur Voltaire.

A Sorrente, il rencontre Wagner pour la dernière fois. En octobre 1876 il séjourne dans la petite pension « Rubinacci » donnant sur une plantation d’orangers,  avec vue sur la mer , le Vésuve et Capri. Il aperçoit l’île de Ischia qui lui inspirera « les Iles Bienheureuses ». «J’ai une très grande chambre, avec un plafond très haut et une terrasse. Je viens de prendre mon premier bain de mer. D’après Rée, l’eau était plus chaude que celle de la mer du Nord en juillet.»

Malwida est une amie intime de Wagner. Wagner et sa femme Cosima, séjournent à l’hôtel Vittoria, situé à 5 minutes de la pension Rubinacci.

il se met à la rédaction de Humain, trop humain (ou Choses humaines, trop humaines). Un livre pour esprits libres (Menschliches, Allzumenschliches. Ein Buch für freie Geister) «Je mis brusquement fin à tout ce qui s’était insinué en moi de « supérieure charlatanerie », d’ »idéalisme », de « beaux sentiments » et autres féminités.» C’est à Sorrente aussi que Nietzsche se rend compte que l’état d’âme de Wagner ne correspond plus du tout au sien. Leur belle amitié se défait, ce sera leur dernière rencontre.

Nietzsche confessera plus tard avoir commencé alors à « rire de Richard Wagner », alors qu’il se prépare à « réciter son dernier rôle devant ses chers Allemands avec les gestes du thaumaturge, du rédempteur, et même du philosophe ».

Lorsqu’il aura achevé le livret de Parsifal, Wagner l’enverra à Nietzsche avec cette dédicace: « A son cher ami Friedrich Nietzsche, Richard Wagner, conseiller ecclésiastique»…

A Sorrente, ses pensées  et le rythme des jours autour de la baie de Naples lui inspireront cette phrase qui en fait rêver plus d’un : « celui qui, de sa journée n’a pas les deux tiers à soi est un esclave, qu’il soit au demeurant ce qu’il voudra : homme d’Etat, marchand, fonctionnaire, savant ».

Nietzsche devient libre-penseur et Wagner se tourne vers le christianisme et commence à penser à son PARSIFAL qui prendra corps après sa visite à Ravello, dans les jardins de la Villa Rufolo.

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